Sur la commune de Bardouville, en Seine Maritime, se trouve un chêne magnifique connu sous le nom de "chêne des lacs".

Classé en novembre 2000 par l'association ARBRES, cet arbre majestueux trône au centre d'une clairière, en bordure du Grand Bois, en face du stade André Sauvage

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Il présente un conformation peu commune, avec un tronc court d'une circonférence imposante (7m10 de tour à 1m30 de hauteur) qui va en s'amincissant rapidement tandis que ses branches basses et quasiment horizontales rayonnent autour de lui. Son port est intéressant dans la mesure ou il présente toutes les caractéristiques d'un arbre isolé tout en n'étant pas un têtard; il a en effet gardé une flèche et semble avoir été épargné par la main de l'Homme, chose rare pour des individus de ce type.

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Son état sanitaire m'a semblé préoccupant et les signes annonciateurs de sa décrépitude future sont visibles sur son tronc comme au cœur de sa ramure.

Un regard attentif montre en effet des infiltrations d'eau dues à des plaies laissées ouvertes et la présence de polypores atteste d'une dégradation interne dont je ne saurais mesurer l'ampleur. On notera aussi que de nombreuses branches sont mortes, dont la grosse horizontale visible sur la deuxième photo.

L'arbre est âge et c'est dans l'ordre des choses de le voir petit à petit avancer vers le terme de son existence mais peut être serait il judicieux que soit mis en œuvre une politique de préservation, qui sans atteindre la démesure des moyens déployés pour préserver le chêne d'Allouville-Bellefosse, puisse garantir à peu de frais sa pérennité.

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Et ceci d'autant plus que l'arbre, si l'on en croit le bel article que la commune de Bardouville lui consacre sur son site, à longtemps occupé une place de choix dans la tradition populaire locale.

Son nom de "chene des lacs" en effet viendrait du fait que les habitants se réunissaient à ses pieds pour danser, et piétinant ainsi la terre l'auraient rendue imperméable, occasionnant en certains moments la formation d'une grande flaque d'eau dont l'arbre semblait émerger.

Une autre hypothèse voudrait que le mot "lac" soit un déformation du mot "leux", qui signifie "loups", mais c'est la première qui dans mon coeur l'emporte et c'est en toute partialité assumée que je lui donne ma préférence.

Sur ce je vous salue et vous dit à bientot.